Au delà du rideau

Cirque D Hiver Bouglione Gaelle Girbes N 0148

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« Le cirque est un petit bout d’arène close, propre à l’oubli ». Henry Miller

Au cœur de Paris, une des plus belles coupoles de cirque au monde abrite un univers bien particulier et une histoire riche de son passé mais également de son présent.

C’est sur un terrain en plein centre de Paris que Louis Dejean, l’un des premiers directeurs du cirque français, avait pris le pari de construire une salle pouvant accueillir ces artistes. « Bâtissez-moi là-dessus un cirque pour cinq mille spectateurs et une écurie pour deux cents chevaux et arrangez-vous pour que tout cela soit un monument », tel est l’ordre qu’il avait donné à l’architecte Jacques Ignace Hittorff. Ainsi fut dit, ainsi fut fait, le Cirque d’Hiver vit le jour le 11 décembre 1852 et fut inauguré par l’empereur Napoléon III.

C’est en 1934 que la famille Bouglione investit les lieux. L’histoire de cette famille s’est écrite au cours de ces nombreuses années jusqu'à nos jours, sous ce toit hors du commun.

Cette grande « demeure » a vu défiler entre ses murs les plus grands artistes du cirque mais également du cinéma. Ce bâtiment, classé aujourd’hui monument historique, est désormais dirigé par la nouvelle génération Bouglione.

Le cirque est un monde à part. Pour le critique et humaniste suisse Jean Starobinski, l’univers du cirque est « séparé de la vie réelle par une impalpable frontière qui rend désirables tant de merveilles à la fois proches et interdites ».

Le cirque est aussi le passage de la coulisse à la scène. De l’autre côté du rideau, les artistes se transforment pour créer leurs « autres mondes » dans lesquels ils emportent les spectateurs. Comme des artisans du rêve, les artistes répètent chaque jour ces gestes, se parent, se maquillent, pour recréer la magie de leurs arts.

Les figures maquillées, magnifiées, sont comme des visages aux multiples expressions. Les cercles de voltige, les exercices périlleux et les performances physiques s’enchaînent, avec les illusions, les petits et les grands prodiges. D’adresse en maladresses volontaires, la séduction opère, parfois décalée mais jamais grotesque, toujours précise. Dans les rayons de lumière se déroule la magie, un moment de beauté qui s’épanouit, puis s’évanouit à la fin de la représentation. La foule se lève, les spectateurs applaudissent, les bravos résonnent sous le chapiteau...

Mais s’égrène le temps circulaire de la piste, le cirque finit, le cirque recommence.

Cet après-midi, ce soir, et demain encore, le soleil des projecteurs s’éteindra et se rallumera, chaque jour sera jour de gala...

« Il faut qu´ils rient, il faut qu´ils pleurent,
Qu´ils applaudissent, qu´ils aient peur
Et si tu manques,
(. . .) Cent fois, tu recommenceras.
Maxime Le Forestier, « Saltimbanque »

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